Réflexion sur « Crépuscule de l’Hypnose » de Christophe Pank

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Il y a quelques jours, Christophe Pank, un hypnopraticien français que je suis depuis plusieurs mois, a publié Crépuscule de l’Hypnose – Un regard cynique et attristé sur ma passion. Un exemplaire gratuit du livre est disponible sur son site.

 

J’aime le style narratif de Christophe Pank, particulièrement dans ses nombreuses vidéos où il présente différentes facettes de l’hypnose, comme l’hypnose hurbaine ainsi que des méthodes d’induction. Allez faire un tour sur son site HnO ou sur son compte Youtube, c’est intéressant.

 

Sa publication Crépuscule de l’Hypnose soulève une question importante concernant la qualité des formations en hypnose thérapeutique proposées. Il est vrai qu’il est courant de voir des formations dites “de base” relativement courtes et bien souvent les participants ressortent de leur cours, certificat en poche, au bout de quelques jours. Est-ce que ces “thérapeutes” en herbes sont-ils effectivement valables? Je rejoins Pank sur ce point: n’est pas thérapeute qui veut. L’hypnose est certe une méthode “facile” à apprendre, toutefois mener une thérapie à bien est une toute autre histoire. Je pense que cela dépend aussi du parcourt du participant. En formation, j’ai souvent rencontré des thérapeutes reconnus qui souhaitaient simplement ajouter une corde à leur arc.

 

Personnellement, après ma première formation, je n’ai pas pratiqué officiellement en tant que thérapeute pendant 2 ans. C’était un choix personnel. Je pratiquais avec des connaissances et des amis d’amis pour affiner ma pratique. Les personnes avec qui je pratiquais savais quel était mon niveau de compétence et que ce serait grâce à elles que j’évoluerais. Parallèlement, je lisais énormément de livres, sur l’hypnose, la psychologie, la thérapie en générale. Mais surtout, je bénéficiais du support et de la supervision de ma formatrice ainsi que d’autres thérapeutes. Après ces deux ans, j’ai choisi de me spécialiser dans les régressions. La formation a durée un an, avec de nombreuses supervisions de cas qui étaient notées, reprises, discutées. Aucun certificat n’était accordé tant que les conditions fixées par les formateurs n’étaient pas remplies.

 

Soit Christophe Pank pousse un coup de gueule (visiblement justifié) contre un formateur ou une formation en particulier, soit je dois admettre que j’ai eu beaucoup de chance dans mes choix de formateurs. Effectivement, en sortant de ma première formation, certificat en poche, j’aurais pu prétendre être quelqu’un que je n’étais pas encore. Mais cela me semblait évident que je n’avais aucunement le droit de mentir sur mon statut (et je n’aurais pas été crédible bien longtemps). Ma formatrice était d’ailleurs très claire là-dessus: avant d’ouvrir un cabinet il me faudrait de la pratique, du temps et encore de l’apprentissage pratique. Il me semble qu’il s’agit ici de bon sens de la part non pas uniquement des formateurs mais aussi et surtout des participants.

 

Oui l’hypnose a quelque chose de magique, de fantastique. Je ne vois pas de mal à vouloir amuser la galerie ou offrir une relaxation à un ami en s’appuyant sur un script. Mais s’attaquer à une problématique précise demande de la pratique et de l’honnêteté de la part du dit thérapeute. Un cours ne peut pas offrir cette pratique et il ne tient qu’au nouveau praticien de se lancer dans cet apprentissage. La supervision est capitale. Mais la question est pertinente: qui supervise? Comment, où et par qui cette même personne a-t-elle été formée? Comment savoir si elle est suffisamment qualifié et intègre? Est-ce que ces problèmes ne touchent vraiment que l’hypnose?

 

En lisant ce livre, je ne savais pas si je devais me sentir visée, mise dans le paquet des “mauvais” thérapeutes sous prétexte que la formation que j’avais initialement suivie n’avait pas durée 3 ans, comme celle que Pank semble proposer. J’ai du y réfléchir, m’interroger, parce qu’en réalité, je ne vois pour le moment pas de proposition concrète de sa part pour faire évoluer les choses dans le bon sens. Mais au moins la discussion sur ce point crucial est ouverte et je le remercie pour ça. C’est un bon point de départ.

 

Je tiens à conclure cet article en rappelant qu’il n’y a pas que les papiers qui garantissent une qualité dans l’accompagnement d’une thérapie de développement personnel. Je connais plusieurs thérapeutes exceptionnelles qui travaillent dans ce domaine depuis plus de 40 ans, sans avoir un nombre affolant de diplômes accrochés à leurs mûrs, et qui pourtant apportent de véritables clés et un soutien magnifique aux personnes qui les contactent.

 

Dans ma vision de la thérapie, qu’elle soit avec l’hypnose ou autre chose, la qualité d’un thérapeute dépendra, en plus de son intégrité, de son authenticité et de son intuition. Sa qualité à se connecter à son client (patient, sujet ou quelque soit le terme qu’il choisi d’utiliser) pour l’accompagner au mieux dans sa démarche thérapeutique.

 

Pour ma part, j’essaie de continue à me former, à m’informer et de me remettre en question pour continuer à évoluer. Je suis heureuse de voir que d’autres le font et ont le courage de pousser un coup de gueule de temps en temps. Merci à Christophe Pank.

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