Article Journal du Jura: «Je suis un peu un détective»

Grâce à l’hypnose, Mélissa Hotz aide ses patients à surmonter des peurs ou à changer de comportement.

Grâce à l’hypnose, Mélissa Hotz aide ses patients à surmonter des peurs ou à changer de comportement.

L’accueil est chaleureux. Le sourire éclatant de la jeune femme, surmonté par un bienveillant regard azuré, inspire la confiance. Loin des clichés clinquants véhiculés par les grands spectacles à sensations mettant en scène un hypnotiseur, Mélissa Hotz n’endort pas ses patients en un claquement de doigts. Elle ne les fera pas non plus marcher à quatre pattes et aboyer…

Le jeune Biennoise de 27 ans se contentera de les soigner. Grâce à l’hypnose, une méthode qu’elle pratique depuis deux ans et qu’elle a elle-même testée avec succès. «J’ai eu un accident de plongée sous-marine, en février 2011, alors que je plongeais sous la glace près du Moléson. J’ai été prise de panique et j’ai bien cru que j’allais y passer», raconte Mélissa Hotz qui a fait un réel blocage face à l’eau à la suite de cet incident. «Je ne pouvais même plus prendre une douche», se souvient-elle. Confrontée à cette situation très paradoxale, alors qu’elle pratique la plongée depuis toute petite, la jeune femme a décidé de prendre les choses en main et de venir à bout de cette nouvelle phobie.

Elle s’est alors tournée vers l’hypnose, un peu par hasard. Et ce fut une révélation. «Il m’a suffi d’une seule séance pour me débarrasser de ma phobie», commente-t-elle. Cette Mélissa Hotz a surmonté un traumatisme grâce à l’hypnose. Depuis, elle la pratique sur les autres. Cette efficacité d’action a tout de suite plu à Mélissa Hotz: «Cela me correspond assez bien. Je suis impatiente et je n’aime pas faire traîner les choses.»

Formation rapide

C’est cette efficacité qui a donné envie à la Biennoise de se lancer elle-même dans la pratique de l’hypnose. «J’ai donc entamé une formation, un peu pour voir.»

Celle-ci a pris la forme de quatre modules de cours de six jours chacun, dispensés à Genève. Depuis 2012, elle est certifiée par la National guild of hypnotists, l’organisation internationale qui fait loi en matière d’hypnose.

Travaillant le jour dans le marketing, pour une société basée à Sonceboz, Mélissa Hotz pratique l’hypnose dans son cabinet à Bienne, le soir et le week-end. Elle assure qu’une à deux séances sont suffisantes pour venir à bout des problèmes de ses patients (voir ci-dessous). Pratiquant l’hypnose classique, Mélissa Hotz demande à ses patients de revivre une scène pour régler le blocage qui est à l’origine de la phobie, de l’addiction ou «de tout ce qui empêche les gens d’avancer correctement dans la vie». Lors de la première séance, elle procède à une anamnèse. «Le patient me parle de son passé, de ses relations, des éventuels incidents de parcours pour voir s’il existe dans son histoire un traumatisme», explique-t-elle. Ensuite, elle lui demande la raison de sa venue (par exemple arrêter de fumer) et le questionne sur ce sujet. «Mon travail consiste à définir ce qu’il ressent en fumant, pourquoi il fume et ce que cela traduit.»

Souvent, les accros à la clope s’en allument une pour dissiper un stress, une colère ou un autre sentiment fort. La thérapeute met alors le doigt sur ce sentiment de stress, fait revivre cette situation au patient pour le mettre dans un état d’hypnose. «Je remonte ensuite les étapes de son histoire, pour retrouver la première situation de stress qu’il a vécue», raconte-t-elle.

Travail de détective

Lorsque le patient est sous hypnose, il permet l’accès à son inconscient, tout en restant réveillé. La thérapeute lui demande de décrire ce qu’il voit ou ressent. «Je suis un peu un détective qui doit trouver la clé de l’énigme et remonter à l’élément déclencheur», détaille-t-elle en prenant l’exemple d’une personne qui a eu un accident alors qu’il était âgé de 2 ans. «Durant l’accident, l’enfant a eu mal. Les adultes ont peut-être paniqué, l’ont soulevé de terre pour sa sécurité, ce que l’enfant a vécu comme un second traumatisme. Grâce à l’hypnose, le patient a la possibilité de revivre cette scène, mais surtout de dire aux personnes alors présentes ce qu’il a ressenti sur le coup et qu’il attendait du réconfort de leur part.» Cette démarche permet d’accepter les événements passés et de vivre avec.

Mélissa Hotz tire ensuite un bilan de l’expérience en notant ce qu’il y a à retenir: «Grâce aux phrases ‹j’ai appris que…› ou ‹je sais que…›, le patient arrive à intégrer une nouvelle réalité.» En exemple, la jeune femme prend l’addiction au chocolat. Grâce à un travail de recherche, elle a trouvé qu’un patient avait été placé en couveuse à la naissance et que le seul moment où il recevait des soins – de l’amour – c’était à l’heure du biberon. Il avait donc associé les choses sucrées à un substitut d’amour. Grâce à l’hypnothérapeute, il a pris conscience et intégré que «le chocolat ne crée pas de l’amour».

Séance de groupe

Les séances d’hypnose, anamnèse comprise, durent souvent deux heures. Mélissa Hotz aime bien voir ses patients au moins deux fois, pour évaluer la réussite de son entreprise. Si, a priori, «tout le monde est hypnotisable», certaines personnes annoncent clairement qu’elles ne sont pas d’accord de parler de tel ou tel événement. Ce qui complique un peu la tâche de la thérapeute. Cet automne, Mélissa Hotz propose quatre séances d’hypnose en groupe pour arrêter de fumer. Elle accepte entre six à 10 personnes. Cette prestation est proposée par l’Université populaire Bienne-Seeland.

Repères

Hypnose «C’est un état de conscience modifié, mais naturel. Chacun se met plusieurs fois par jour en état d’hypnose sans s’en rendre compte. Par exemple, lorsqu’on est très pris dans le travail et qu’on n’entend plus ce qui se passe autour de nous, qu’on est déconnecté du monde.»

Traitement Grâce à l’hypnose, Mélissa Hotz aide ses patients à arrêter de fumer, à perdre du poids, à vaincre leur timidité, à se débarrasser d’une phobie ou d’une addiction.

Méthode La thérapeute utilise principalement la méthode de la régression (et moins la suggestion) pour régler les problèmes. «Je cherche le traumatisme qui est à l’origine des maux pour ensuite le traiter à la source.» La suggestion permet à l’hypnothérapeute de suggérer un nouveau comportement aux patients, sans remonter dans le passé. Selon la jeune femme, les techniques se valent.

Informations Mélissa Hotz donnera quatre séances d’hypnose, en groupe, pour les personnes désirant arrêter de fumer, dans le cadre de l’Université populaire.

 

Marjorie Spart, Journal du Jura, 28 juillet 2014

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